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Lien social et Politiques
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ISSN (Print) 1204-3206 - ISSN (Online) 1703-9665
Published by Érudit Homepage  [139 journals]
  • L’alimentation, un enjeu de justice sociale : mouvements alimentaires,
           politiques publiques et inégalités

    • Abstract: Renaud Hourcade et Nathan McClintock
       
  • Éduquer au risque d’exclure ' Le cas du projet d’alimentation
           durable Tast’in Fives

    • Abstract: Alexandre Fauquette et Christophe Gibout
      De plus en plus de villes se lancent dans des projets d’alimentation durable. Or la promotion d’une alimentation dite saine et durable, dont les principes et les pratiques correspondent à l’éthos culinaire des classes moyennes et/ou dominantes, peut parfois servir de cheval de Troie à des processus croissants de gentrification urbaine guidés par un substrat hygiéniste. On assiste alors à une inculcation des conduites qui, à travers la double injonction du manger sain et du devenir mince, utilise une « moralisation douce » qui tend à exclure les populations ne s’y conformant pas ou s’y refusant. C’est aux ressorts de cette inculcation des conduites et aux étiquetages qu’elle produit, mais aussi aux résistances qu’elle engendre, que nous proposons de nous intéresser dans cet article tiré d’une recherche-action sur le projet urbain Tast’in Fives (TIF), mis en oeuvre par la mairie de Lille et financé par l’Union européenne. Notre enquête se base sur de nombreuses observations participantes menées au sein d’ateliers de cuisine organisés dans le cadre de ce projet, ainsi que 50 entretiens approfondis auprès des organisateurs de ces ateliers et de leurs publics.
       
  • Politique sur les saines habitudes de vie : analyse critique
           d’initiatives publiques visant à corriger des inégalités en santé à
           travers l’alimentation

    • Abstract: Myriam Durocher
      Dans cet article, je propose une analyse discursive de la nouvelle Politique sur les saines habitudes de vie de l’arrondissement de Montréal-Nord (Québec, Canada) et, plus largement, des enjeux et rapports de pouvoir qui la traversent et l’informent. L’analyse met en évidence les normes, présupposés, et processus d’exclusion qui prennent forme au sein de la Politique. D’abord, je mobilise les travaux issus des « critical fat studies » afin de démontrer comment cette politique s’inscrit dans la lignée des discours et pratiques « anti-obésité », favorisant ainsi l’émergence de formes d’oppression à l’intersection des corps, de l’alimentation et de la santé. Je procède ensuite à une analyse des discours hégémoniques et normatifs qui traversent la Politique et font de l’alimentation « saine » (entendue selon des savoirs occidentaux informés par le nutritionnisme [Scrinis, 2013]) une solution à adopter dans la lutte contre l’obésité ou les maladies chroniques. Tout au long de l’article, je mets en évidence comment des politiques publiques peuvent reproduire des formes de discrimination et d’oppression qui se conjuguent à celles existant déjà, et détourner l’attention des inégalités systémiques et structurelles qui se matérialisent à la longue en troubles de santé, actuellement associés à la diète. Je termine en comparant brièvement cette politique avec le nouveau plan adopté par le Conseil alimentaire de Toronto (le Toronto Black Food Sovereignty Plan), qui reconnaît le racisme systémique et son rôle dans les troubles de santé et d’accès à l’alimentation. Je discute certaines des orientations directrices de ce plan afin de mettre en évidence l’approche distincte qui y est privilégiée.
       
  • La politisation des cantines scolaires en France : visibilité et
           conflits dans les arènes nationales et locales

    • Abstract: Hélène Caune, Florent Frasque et Simon Persico
      Repas végétariens, confessionnels, d’origine locale et/ou biologique, tarifs modulés, inscription des enfants de chômeurs… Les questions associées à la restauration scolaire sont devenues des enjeux de discorde accompagnant la politisation plus générale des questions d’alimentation depuis la fin des années 1990. Cet article étudie les formes de la politisation des cantines scolaires, autour de deux hypothèses principales. Premièrement, les enjeux de restauration scolaire seraient devenus plus visibles et plus conflictuels à l’échelle nationale parce qu’ils s’inscrivent dans les deux nouveaux clivages qui se sont développés au sein des systèmes politiques d’Europe de l’Ouest, entre identité et cosmopolitisme d’une part, et entre écologie et productivisme de l’autre. Deuxièmement, l’autonomie et la diversité des acteurs locaux dans la mise en oeuvre expliqueraient l’influence limitée et différenciée de cette politisation partisane nationale sur le débat public concernant la restauration scolaire à l’échelle locale. Pour confirmer ces hypothèses, nous analysons de manière quantitative (classification) et qualitative deux corpus de plus de 10 000 articles de presse consacrés à ce sujet, qui permettent de distinguer entre les arènes de politisation nationale et régionale; nous nous appuyons aussi sur cinq études de cas dans des communes rurales des deux départements, à partir de matériaux d’entretiens et d’observation. Ces données confirment l’hypothèse d’une politisation nationale passant par une augmentation de la visibilité et du conflit, ainsi que l’association aux nouveaux clivages, mais indiquent que les effets de cette politisation restent limités et différenciés à l’échelle locale.
       
  • Repas scolaires, cogestion et peuples autochtones : l’illusion d’un
           pouvoir infranational au Pérou

    • Abstract: Emmanuelle Ricaud Oneto
      Le Programme national d’alimentation scolaire du Pérou, Qaliwarma, repose sur un principe de coresponsabilité et de cogestion, et prône une adaptation aux habitudes alimentaires locales. En pratique, en contexte autochtone amazonien, il distribue des aliments industriels issus des régions andines et côtières, produits par de grandes entreprises nationales et internationales qui monopolisent le marché alimentaire. Pourtant, les bénéficiaires de ces peuples sont des collecteurs et producteurs d’aliments. À partir d’une enquête ethnographique menée entre 2013 et 2017, cet article explore les limites du modèle péruvien de cogestion ainsi que les aménagements et les résistances locales qu’il suscite chez deux peuples autochtones amazoniens, maijuna et napuruna. Il montre que les choix politiques relatifs à la conception et aux modalités d’application du programme prolongent de manière singulière des mécanismes de domination et de résistance existants. Le programme s’avère très centralisé et, prenant appui sur des directives internationales, favorise l’agro-industrie au détriment des petits producteurs et des peuples autochtones. Bien que des comités « participatifs » aient été créés, la cogestion se résume à une délégation technique et est peu outillée pour aménager des espaces de dialogue et s’adapter aux préférences alimentaires locales. Toutefois, la « collaboration » informelle des parents, en particulier des mères qui préparent les repas, joue un rôle fondamental en ce sens. L’article met ainsi en évidence le paradoxe suivant : leur action politique ne se situe pas dans l’espace de cogestion mis en avant par le gouvernement mais plutôt dans leur participation directe à la préparation des repas.
       
  • Relevé du territoire : les souverainetés alimentaires
           autochtones

    • Abstract: Michelle Daigle
      La recherche dans le domaine de la souveraineté alimentaire vit actuellement un renouveau conceptuel qui vise à rendre compte des diverses expressions de la souveraineté telle qu’elle s’incarne dans l’espace en fonction des spécificités historiques et identitaires, et des situations et dynamiques socioécologiques locales. Les efforts pour en identifier les nombreuses assises ont permis d’attirer l’attention sur les enjeux particuliers de la souveraineté alimentaire autochtone en Amérique du Nord. Notamment, les spécialistes s’intéressent aujourd’hui aux liens qui unissent la régénération des pratiques de récolte et de partage des aliments avec les mouvements pour l’autodétermination et la décolonisation. Si on ne peut que se réjouir de ce nouvel intérêt, il reste toutefois beaucoup de travail à faire pour comprendre comment les multiples ordres et autorités autochtones en matière juridique et politique s’expriment au quotidien dans la pluralité des souverainetés alimentaires et des environnements. Dans cette contribution, je m’intéresse aux Anishinaabe vivant tant à l’intérieur qu’au-delà des limites du territoire couvert par le Traité no 3 (Ontario, Canada) : je veux mettre en lumière les actes de résurgence quotidiens, basés sur le principe du mino bimaadiziwin, avec lesquels ils protègent et revitalisent leurs terrains de récolte alimentaire, leurs eaux et leurs modes d’alimentation.
       
  • Repenser les luttes pour l’accès à la terre dans la ville
           postindustrielle

    • Abstract: Sara Safransky
      Les politiques raciales et culturelles concernant l’accès à la terre et la propriété sont au coeur des luttes urbaines, mais ont reçu relativement peu d’attention de la part des géographes. Cet article analyse les luttes pour l’accès à la terre qui ont cours à Détroit, où plus de 100 000 terrains sont classés comme « vacants ». Depuis 2010, les urbanistes et les autorités gouvernementales ont élaboré des plans controversés dans le but de ruraliser les quartiers « vacants » de Détroit dans le cadre d’un programme d’austérité fiscale, ranimant d’anciennes questions de dépossession liée à la race, de souveraineté et de luttes de libération. Cet article se penche sur ces politiques litigieuses à travers l’examen des conflits provoqués par la proposition d’un homme d’affaires blanc de construire la plus grande forêt urbaine du monde au centre d’une ville à majorité noire. Je me suis intéressée à la façon dont les résidents, les agriculteurs urbains et les activistes communautaires ont résisté au projet en revendiquant les terrains vacants en tant que communs urbains. Ils ont fait valoir que ces terres sont occupées et qu’elles appartiennent à ceux qui ont travaillé et souffert pour elles. En combinant l’ethnographie communautaire aux idées de la théorie critique de la propriété, des études critiques de la race et de la théorie postcoloniale, je soutiens que les luttes pour la terre à Détroit dépassent les conflits sur la redistribution des ressources. Elles sont indissociables des débats sur les notions de race, de propriété et de citoyenneté qui sous-tendent les démocraties libérales modernes et les luttes actuelles pour la décolonisation.
       
  • Travail invisible et liens informels entre campagne ordinaire et rue
           populaire : dans les pas du « maïs chaud » en région parisienne

    • Abstract: Ségolène Darly
      Cet article fait le récit de la vente informelle d’épis de maïs franciliens dans les rues de l’agglomération parisienne en montrant qu’une partie de cette activité contribue à la relocalisation silencieuse du système alimentaire urbain dans les quartiers populaires de la métropole. En l’abordant à travers les témoignages des travailleurs et non uniquement par la géographie des flux de marchandises, il a été possible de montrer le rôle moteur des efforts quotidiens de subsistance dans le renouvellement de la ville par ses marges. La vente de maïs dans la rue doit cependant faire face aux contradictions internes du modèle de la ville durable : alors qu’il n’a jamais été autant question de réduire l’empreinte écologique de l’alimentation des villes par la relocalisation des approvisionnements, la requalification urbaine des quartiers populaires réduit les possibilités de déploiement de systèmes intermédiaires frugaux qui renouvellent les liens avec la campagne voisine.
       
  • L’accès à la saine alimentation dans l’est de l’île de
           Montréal : entre alignements et discordances

    • Abstract: René Audet, Éliane Brisebois, Sylvain A. Lefèvre, Geneviève Mercille, Alessandra Gallani et Marjolaine Verville-Légaré
      Face aux enjeux spatiaux et économiques d’accès à la saine alimentation dans l’est de l’île de Montréal, des instances de santé publique, des organisations communautaires et leurs partenaires ont mis sur pied le Réseau alimentaire de l’est de Montréal (RAEM) afin de mieux coordonner les interventions auprès des ménages à faible revenu (MFR). Ces interventions s’inscrivent notamment dans une perspective spatiale de l’accès à l’alimentation et dans des modèles qui diffèrent de ceux de l’aide alimentaire classique. Dans le cadre d’une recherche partenariale menée avec le RAEM visant à déterminer les points d’alignement et de discordance dans les représentations du problème d’accès alimentaire et les solutions privilégiées de trois types d’acteurs (les organisations membres du RAEM, les partenaires de soutien et les MFR), nous avons effectué une collecte de données par l’entremise de groupes d’entretien et d’entretiens individuels. L’analyse des données, réalisée à partir d’un modèle multidimensionnel de l’accès à la saine alimentation, permet de comparer les perspectives de chaque groupe d’acteurs. Il en ressort que la dimension spatiale n’est pas aussi centrale pour les MFR que pour les autres acteurs, et que la dimension personnelle de l’accès est perçue différemment selon les acteurs. Ces discordances ont une importance et un impact pour l’organisation du système alimentaire de l’est de l’île de Montréal, et mettent en lumière la nécessité d’une lecture critique d’un cadrage principalement spatial des problèmes d’accès à l’alimentation.
       
  • Les frigos collectifs : l’émergence d’une pratique autonome dans le
           paysage de la redistribution alimentaire à Montréal et à Québec

    • Abstract: Laurence Bherer et Agathe Lelièvre
      Cet article rend compte de l’émergence d’une pratique discrète de gestion des surplus alimentaires : le stockage et la redistribution depuis les frigos collectifs. Pour ce faire, il s’appuie sur une enquête ethnographique conduite entre 2016 et 2020 dans les villes de Montréal et de Québec. Il montre que ces pratiques s’insèrent dans les interstices du circuit classique de redistribution alimentaire pour proposer une gestion alternative des surplus. Les frigos n’opèrent toutefois pas en rupture avec le modèle des banques alimentaires mais plutôt en complémentarité, car ils offrent, à plus petite échelle, une avenue de plus pour disposer des surplus produits par l’industrie alimentaire. Aussi, c’est surtout dans le rapport aux donataires que les frigos apparaissent s’inscrire dans une pratique alternative. Avec le temps, ces frigos se révèlent néanmoins fragiles et tendent à disparaître ou à se formaliser.
       
  • La réponse à l’insécurité alimentaire au temps de la COVID-19 :
           distance physique et lien social

    • Abstract: Laurence Godin, Émilie Dionne, Justine Langlois, Laurence Bastien, Laure Saulais et Véronique Provencher
      Au Québec, l’arrivée de la COVID-19 en mars 2020 a rapidement mis l’insécurité alimentaire à l’avant-scène. L’enjeu, présent et connu depuis longtemps, semble maintenant prendre une ampleur inédite. Avant la pandémie, la littérature sur l’organisation et le soutien social et communautaire révélait déjà la prévalence d’une réponse à l’insécurité alimentaire dominée par l’aide d’urgence, la philanthropie et l’action a posteriori. Il était déjà démontré que cette approche tend à occulter l’expérience des personnes touchées. Effectivement, au Canada, la majorité des ménages vivant une situation d’insécurité alimentaire n’a pas recours à ces formes d’aide d’urgence. Plus encore, ces services tendent à perpétuer la stigmatisation et le sentiment de honte qui l’accompagnent souvent. Dans la ville de Québec, pendant l’été 2021, nous nous sommes intéressées aux enjeux qu’ont pu rencontrer les acteurs communautaires dans leurs activités en lien avec les différentes facettes de l’insécurité alimentaire, activités qui ont été fortement affectées par la pandémie et les réactions qu’elle a entraînées chez les gouvernements, les communautés et les individus. Nous avons conçu un cadre conceptuel où l’aide alimentaire d’urgence est jaugée à partir d’une critique de la réponse néolibérale aux problèmes sociaux. Notre analyse est menée sur des données qualitatives collectées auprès d’une trentaine d’acteurs du milieu communautaire. Elle se penche sur les nouveaux enjeux et défis rencontrés lors de la pandémie, les réponses des organismes communautaires à ce contexte nouveau et la manière dont ils ont contourné les difficultés liées à l’apparition de la COVID-19. Notre discussion porte sur le rôle des relations sociales dans la réponse à l’insécurité alimentaire.
       
  • Faire face à l’insécurité alimentaire des sans-abri en temps de
           pandémie. Quel droit à l’alimentation '

    • Abstract: Marine Maurin et Lola Vives
      Le confinement strict décrété le 17 mars 2020 en France pour contenir l’épidémie de COVID-19 a engendré un nouveau problème pour les sans-abri : celui de l’insécurité alimentaire. Pour faire face à cette situation inédite d’urgence alimentaire, une multitude d’actions et de coopérations ont vu le jour. Dans ce contexte, nourrir les sans-abri nécessite une reconfiguration des espaces d’action, parfois préexistants. Prenant appui sur une recherche sociologique collective portant sur les ajustements de l’action publique visant les sans-abri pendant la crise sanitaire, dont l’aide alimentaire fait partie, cet article examine la manière dont l’alimentation des sans-abri est devenue un problème public lors de la crise sanitaire liée à la COVID-19 en France. Nous verrons en effet que les distributions d’aides alimentaires avec des colis, principale réponse à l’urgence alimentaire, rendent visibles des coopérations plurielles situées au croisement du militantisme, du caritatif, du travail social et des autorités publiques locales. Nous mettrons également en lumière le fait que ces distributions alimentaires aux personnes sans-abri là où elles ont été confinées font exister un droit à l’alimentation principalement axé sur la disponibilité et l’accessibilité des denrées alimentaires, délaissant en partie la notion de choix et le respect des goûts, des pratiques et sociabilités pourtant au coeur de l’alimentation, même des plus pauvres.
       
  • Des circuits courts à la sécurité sociale de l’alimentation :
           

    • Abstract: Yuna Chiffoleau, Grégori Akermann, Dominique Paturel et Julien Noël
      Les inégalités d’accès à une alimentation de qualité sont un marqueur des sociétés contemporaines. En les confirmant, la crise de la COVID-19 a aussi donné plus de visibilité aux initiatives de solidarité alimentaire visant à réduire ces inégalités, en s’appuyant notamment sur les circuits courts et l’alimentation locale. Dans cet article, après avoir présenté les deux principales approches de ces initiatives dans la littérature, nous proposons un cadre d’analyse interdisciplinaire qui nous permet de les interroger en tant qu’économies concrètes, encastrées dans des relations sociales, ancrées dans les territoires et participatives, façonnées en partie à travers leurs relations avec les politiques publiques. Nous appliquons ce cadre à une large gamme d’initiatives recensées en France en 2020, et montrons ainsi une diversité de stratégies mises en oeuvre en vue de faciliter l’accès des personnes précaires à une alimentation de qualité, tout en soulignant les difficultés associées. Si combiner certaines stratégies peut aider à toucher plus de personnes précaires, les initiatives de solidarité alimentaire n’ont pas la capacité de permettre à tous d’accéder à une alimentation de qualité. Nous concluons alors sur la perspective universaliste ouverte par le projet de sécurité sociale de l’alimentation, en tant que récit politique fédérant une diversité d’acteurs et d’initiatives, mais suscitant aussi des débats, à l’échelle nationale et à travers des expérimentations locales.
       
  • Un introuvable levier de justice sociale. Démesure militante des circuits
           courts alimentaires alternatifs

    • Abstract: Gabriel Montrieux
      Les systèmes de circuits-courts alimentaires alternatifs, incarnés en France par le modèle des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP), ont initialement pour objectif d’établir des liens de solidarité entre consommation et production. Ces systèmes alimentaires ont progressivement été investis d’enjeux supplémentaires, particulièrement en matière de justice sociale, en visant à donner accès au plus grand nombre à des produits alimentaires inaccessibles dans les circuits conventionnels de distribution. Pourtant, malgré le travail fourni au sein du mouvement amapien pour atteindre cette ouverture sociale, les catégories intermédiaires et dominantes restent fortement surreprésentées parmi les adhérent·e·s de ces systèmes. Cet article vise à saisir les principes à l’oeuvre dans la faible ouverture sociale des AMAP. Il mobilise des données qualitatives (entretiens biographiques et observations) produites lors d’un travail d’enquête mené entre 2013 et 2019 dans l’agglomération lyonnaise, auprès d’AMAP locales et des réseaux militants qui coordonnent le mouvement amapien. La multiplication des enjeux projetés sur les AMAP génère des contradictions internes, avec lesquelles les responsables des collectifs amapiens composent difficilement. Alors que les AMAP apparaissent désarmées pour mettre en place une plus grande accessibilité économique des circuits-courts, l’ouverture sociale de ces systèmes apparaît susceptible de menacer l’entre-soi social sur lequel les collectifs amapiens se sont localement constitués. La difficulté des AMAP à inclure économiquement, symboliquement et socialement des catégories dominées doit en réalité beaucoup à la manière dont ces catégories sont exclues, en amont, des processus de définition des enjeux opérés par les réseaux militants amapiens et par les collectivités territoriales qui entendent lutter contre la précarité alimentaire.
       
  • Des logiques militantes et productives en tension ' L’exemple de la
           politique d’achat et de vente d’une coopérative alimentaire
           parisienne

    • Abstract: Bérangère Véron
      Cet article entend nuancer une thèse mise en avant par de nombreux travaux sur les coopératives alimentaires, qui souligne les tensions entre leurs objectifs militants et productifs. En mobilisant les données d’une enquête ethnographique réalisée à Paris sur une période de deux ans, et en s’appuyant sur le modèle de l’articulation contingente segmentée proposé par Giry et Wokuri (2020), l’article montre que ces tensions sont loin d’être unanimement perçues « de l’intérieur ». À travers l’exemple de la politique d’achat et de vente de la coopérative étudiée, nous montrons que l’articulation de ses objectifs militants et productifs, telle qu’elle transparaît dans les discours des enquêtés, est bien contingente et segmentée. La politique d’achat et de vente est ici déclinée en trois segments : la politique tarifaire de la coopérative, le choix des produits, et le fonctionnement hybride du magasin. La première partie montre que pour chacun de ces trois segments, les coopérateurs ont des points de vue hétérogènes sur les rapports entre rendements militants et productifs, ceux-ci étant tout aussi bien décrits comme divergents, convergents ou indépendants. La seconde partie montre que les perceptions des coopérateurs, et plus largement leur engagement dans la coopérative, sont partiellement stabilisés à travers diverses activités de régulation (Le Velly, 2017). La conclusion souligne que se pencher sur la manière dont les coopérateurs définissent « ce qui compte » pour eux permet de nourrir une réflexion plus large sur la pérennité des initiatives alternatives qui se montent actuellement, et sur le potentiel d’essaimage des coopératives.
       
  • Démocratie alimentaire et approches sensibles dans la transition
           écologique

    • Abstract: Laurence Granchamp, Claire Lamine, Guy El Karim Berthomé, Martina Tuscano et Morgan Jenatton
      Cet article interroge la place accordée aux dimensions sensibles (au sens d’attachement, de ce qui « fait sens », ce à quoi l’on tient) ainsi que leur rôle au sein des dispositifs et expérimentations qui visent la transition écologique dans et par les systèmes alimentaires, à travers six cas situés dans différentes régions de France. Plus précisément, il sonde ces attachements afin de voir ce qu’ils peuvent apporter à la participation de publics à première vue éloignés des enjeux de transition écologique, et en explore la portée en matière de politisation. Il montre que la prise en compte de ces attachements offre un contrepoint aux approches technicistes et normatives de la transition écologique, tout en permettant de traiter les enjeux de la démocratie et de la justice alimentaires. Il identifie trois voies de politisation, diversement combinées dans les six expérimentations étudiées : la capacitation/l’augmentation du pouvoir d’agir (empowerment), la valorisation des pratiques et/ou des savoirs, et la formation de collectifs. Il suggère, enfin, qu’en dépit des limites que nous identifions, la prise en compte de ces dimensions sensibles favorise, sous certaines conditions, l’inclusion et la participation de ces publics. Cette prise en compte offre en outre une voie privilégiée pour l’articulation des enjeux de justice et de démocratie alimentaires aux enjeux environnementaux, ce qui mériterait d’être davantage considéré ou du moins discuté dans le cadre des politiques de transition écologique.
       
  • Erratum

    • Abstract:
      None
       
 
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